Contribution sur les Retraites-Chapeaux : Suite et Fin

Dans notre actualité du 27 septembre 2015, nous vous avions informés des développements très encourageants de certains des contentieux que nous avions initiés pour faire appliquer à la contribution visée à l’article L 137-11-1 du Code de la Sécurité Sociale les conventions fiscales préventives de doubles impositions. Nous espérions que l’URSSAF de Paris, contre laquelle nous bataillions en vain depuis plusieurs années, allait suivre rapidement l’exemple de l’URSSAF de Toulouse et accepter enfin d’appliquer le droit conventionnel à nos clients.

Nouveau recours pour excès de pouvoir déposé contre l’instruction relative aux plus-values

Comme nous l’avions évoqué dans notre actualité du 16 janvier 2016, la décision n° 2015-515 QPC du 14 janvier 2016 rendue par le Conseil Constitutionnel en matière d’imposition des compléments de prix semblait ouvrir la voie à de nouvelles contestations relatives au champ d’application des abattements pour durée de détention sur plus-values de cessions de valeurs mobilières.

Affaire Wendel : le tribunal administratif refuse l’application de la rétroactivité in mitius.

Issu du principe de nécessité des peines garanti par l’article 8 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, le principe de « rétroactivité in mitius » prévoit qu’une loi pénale nouvelle prononçant des peines moins sévères que la loi ancienne doit s’appliquer aux infractions commises avant son entrée en vigueur dès lors qu’elles n’ont pas donné lieu à des condamnations passées en force de chose jugée (Cons. const. 20 janvier 1981, n° 80-127 DC).

QPC sur les compléments de prix : le Conseil Constitutionnel donne gain de cause au contribuable

Nous vous avions informé de l’existence d’une QPC pendante par laquelle nos confrères et amis Eve Obadia et Louis-Marie Bourgeois, qui président la Commission Fiscale de l’Ordre du Barreau de Paris, avaient demandé au Conseil d’Etat, qui en avait saisi le Conseil Constitutionnel, de déclarer contraire à la Constitution la loi sur les plus-values qui, selon l’interprétation qu’en donnait l’administration, réservait l’abattement pour durée de détention aux seules plus-values réalisées à compter du 1er janvier 2013.

Abus de Droit : Jusqu’où ira le juge ?

On sait que l’abus de droit fiscal revêt deux composantes distinctes : la simulation et la fraude à la loi. Cette dernière nécessite la réunion de deux critères : un subjectif, résultant du fait que l’opération litigieuse n’a aucune justification autre que la recherche d’un avantage fiscal, et un critère objectif, qui est la recherche d’une application littérale des textes à l’encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs (CE 26 février 2006, Persicot).

TVA, prestations immatérielles, dénaturation des faits par la Cour d’appel : le Conseil d’État refuse de sauver un redressement mal fondé.

Bien que spécialisé en fiscalité du patrimoine, notre cabinet est également capable de défendre les contribuables dans tous les domaines de la fiscalité. C’est ainsi que nous avons été conduits à assister l’un de nos vieux clients dans un contentieux en matière de TVA, qui vient de se conclure favorablement par une décision du Conseil d’Etat du 9 décembre 2015 (n° 371071), rendue conformément aux conclusion du Rapporteur Public Bruno Bohnert.

Indépendance des Procédures Fiscale et Pénale : Quand le Droit Marche sur la Tête

Le principe que les procédures de redressement fiscal devant le juge de l’impôt et les poursuites pour fraude fiscale devant les juridictions répressives sont indépendantes est bien admis. Il signifie en pratique qu’un contribuable redressé par le fisc et poursuivi au pénal pour les mêmes faits sera jugé deux fois et que chaque juge va appliquer ses propres textes sans considérer ce que l’autre a fait.

Le traitement des moins-values de cession de valeurs mobilières après l’arrêt du Conseil d’Etat n° 390265 du 12 novembre 2015.

Le régime actuel d’imposition au barème progressif des plus ou moins-values de cession de valeurs mobilières, applicable aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2013, prévoit l’application d’un abattement pour durée de détention pratiqué sur les « gains nets » de cessions de valeurs mobilières, termes qui avaient été considérés par l’administration fiscale comme visant indifféremment les plus-values et moins-values dans l’instruction du 20 avril 2015 commentant ce nouveau régime.

Recours pour Excès de Pouvoir Contre l’Instruction sur les Plus-Values : un Succès Mitigé

Par une décision n° 390265 rendue le 12 novembre 2012 qui aura l’honneur d’être mentionnée au Recueil Lebon, le Conseil d’Etat a statué sur notre recours pour excès de pouvoir formé contre certaines dispositions de l’Instruction commentant le régime fiscal des plus-values de cession de valeurs mobilières.
Le Haut Tribunal nous a donné satisfaction sur l’application de l’abattement aux moins-values, renvoyant les concepts de « gain net négatif » et de « parallélisme des formes avec les plus-values » aux oubliettes de la fiscalité.